En ration ménagère, la star des huiles est clairement l’huile de colza.

Son équilibre en acides gras essentiels est son principal atout, ceci la rend très intéressante d’un point de vue nutritionnel. On parle d’acides gras “essentiels” car l’organisme n’est pas capable de les fabriquer, ils doivent donc être apportés par l’alimentation.

Pourtant, sur internet en général et sur les réseaux sociaux en particulier, il n’est pas rare de lire que l’huile de colza serait néfaste pour les chiens et les chats car il s’agit d’une huile végétale et que nos carnivores domestiques ne sont pas “des chèvres”.

Nous allons démêler le vrai du faux dans le but de combattre les fausses croyances.

Présentation de l’huile de colza

Le colza est une plante de la famille des Brassicaceae (comme le chou), reconnaissable à ses fleurs jaunes fluo, qui donne des petites graines noires riches en lipides. Elle est largement cultivée pour la production d’huile alimentaire et d’agrocarburant.

L’huile de colza, est une huile végétale que l’on obtient par trituration de graines de colza. C’est, avec le tournesol et l’olivier, l’une des trois principales sources d’huile végétale alimentaire en Europe.

Possédant peu d’odeur, elle est facilement acceptée par les chiens et les chats, même difficiles.

Un peu d’histoire

Dans les années 1960, l’huile de colza a fait l’objet d’études de nutrition sur des rats qui faisaient apparaître des lésions cardiaques, apparemment liées à la consommation d’huile érucique. Des associations de consommateurs se sont alors alertées et ont demandé son interdiction.

Il n’en fallut pas plus pour faire chuter sa consommation au profit de l’huile de tournesol. D’ailleurs, nous avons largement gardé le réflexe d’utiliser l’huile de tournesol en alimentation humaine.

Toutefois, l’étude sur les rats a été relativisée et de nouvelles variétés de colza sans acide érucique ont été développées par sélection génétique. En dépit de cela, le nom de l’huile de colza a été associé pendant longtemps à une image de dangerosité alimentaire. Image qui n’a été finalement corrigée que dans les années 2000.

Les atouts nutritionnels

Son principal atout est sa richesse en oméga 3 (ω3) à hauteur de 10 % d’acide alpha-linolénique (ALA). Pour rappel, les oméga 3 jouent un rôle dans le bon fonctionnement du cerveau et du système nerveux. L’AFSSA met à disposition un guide complet sur les bienfaits des oméga 3 dans l’alimentation.

Il faut savoir que, bien que les oméga 6 soient néfastes lorsque le ratio oméga 6/oméga 3 excède les 5:1, ils ont un effet anti-inflammatoire lorsque la quantité d’oméga 3 est adéquate (ratio en dessous de 5:1). Avec un rapport de 2:1, l’huile de colza permet de se rapprocher de la valeur moyenne conseillée par l’AFSSA.

En parlant des oméga 6 (ω6), l’huile de colza contient de 18 à 25% d’acide linoléique (AL) qui est un autre acide gras essentiel. L’acide linoléique joue, par exemple, un rôle important pour la barrière cutanée comme le montre cette étude menée sur huit labradors retrievers. Au passage, cela prouve que les nutriments de l’huile de colza sont parfaitement assimilés par l’organisme des chiens et chats. N’en déplaise à certains…

L’huile de colza est également riche en oméga 9 (ω9) avec 60 % d’acide oléique. Ce sont les “bons acides gras” qui aident à lutter contre le mauvais cholestérol. De surcroît, elle contient une faible teneur en acides gras saturés (7 %).

Enfin, elle est pourvue en quantité de vitamine E, qui protège l’huile de l’oxydation mais aussi nos cellules du vieillissement.

Dernier atout, et pas des moindres : la production industrielle garantit une composition nutritionnelle stable.

Composition et comparaison

L’huile de colza étant une huile végétale, cela pose problème à certaines personnes qui pensent qu’un carnivore ne doit jamais consommer de produits d’origine végétale.

C’est oublier bien vite que l’on doit analyser un aliment sous le prisme de ses qualités nutritionnelles. Par ailleurs, si l’on compare l’huile de colza avec différentes huiles, ses avantages sont flagrants :

On note que l’huile de chanvre se rapproche de l’huile de colza. Le chanvre contient beaucoup d’acides gras essentiels dont le très rare acide gamma-linolénique (GLA), un oméga 6 que l’on ne trouve pas dans les autres huiles. Il faut savoir qu’en dehors du GLA, tous les autres oméga 6 sont considérés comme excédentaires dans notre alimentation.

D’autre part, on constate que toutes les huiles végétales sont dépourvues d’oméga 3 de type EPA et DHA, tandis que les huiles de poisson en sont très riches. C’est la raison pour laquelle il est conseillé d’utiliser 1 à 2 fois par semaine une huile de poisson en ration ménagère.

Enfin, concernant les huiles (ou graisses) d’origine animale, elles ne contiennent que des oméga 6 entrainant un ratio oméga 6/oméga 3 bien supérieur à 5:1 ce qui est néfaste sur le long terme.

Bien choisir son huile de colza

En rayon, on trouve aisément deux types d’huile de colza. L’une raffinée, jaune pâle, neutre en goût, économique et facile d’emploi. L’autre bio, pressée à froid, d’une couleur jaune-vert, avec un goût plus ou moins prononcé.

Afin de limiter son oxydation, il faut la conserver bien fermée, à l’abri de la chaleur et de la lumière.

Une huile oxydée peut être à l’origine de soucis digestifs et notamment de diarrhée. N’hésitez donc pas à la conserver au réfrigérateur si besoin.

Mon animal n’aime pas

Ça arrive… notamment chez le chat… et le plus souvent c’est parce que l’huile est oxydée.

Les huiles étant sensibles à l’oxydation (odeur forte ou de poisson), vous pouvez essayer de changer votre flacon par un neuf. Sinon, vous pouvez remplacer l’huile de colza par de l’huile de chanvre, en même quantité – ou par un mélange 2/3 huile de colza 1/3 huile de chanvre ou de soja.

Ne remplacez surtout pas l’huile de colza par de l’huile de foie de morue car celle-ci est bien trop riche en vitamines A et D. Ces vitamines sont certes indispensables, mais deviennent toxiques si données en excès. En plus, les huiles de poisson s’oxydent très facilement, il est donc préférable d’en donner sous la forme de gélules.