Du grec mycos (champignon) et du latin toxinum (poison), les mycotoxines désignent des métabolites secondaires sécrétés par des moisissures appartenant principalement aux genres Aspergillus, Penicillium et Fusarium.

Plus de 2500 mycotoxines ont été répertoriées. Mais seule une trentaine possède des propriétés toxiques réellement préoccupantes pour l’homme ou l’animal.

Présentation des mycotoxines

Les mycotoxines font parties des contaminants naturels de l’alimentation, notamment des denrées d’origine végétale. Par opposition aux molécules apportées intentionnellement ou accidentellement par l’homme telles que les additifs alimentaire et les résidus phytosanitaires.

Il s’agit de petites molécules peu solubles dans l’eau, difficilement dégradables par les organismes vivants et très stables à l’acidité et à la chaleur. Nous n’arrivons pas à détruire les mycotoxines par les procédés habituels de cuisson et de stérilisation car elles sont généralement thermostables.

Les mycotoxines concernent notamment les céréales mais aussi les fruits, noix, amandes, pomme de terre et les produits manufacturés issus de ces filières destinés à l’alimentation humaine. Elles sont également présentes dans les grains, fourrages et aliments composés destinés à l’alimentation animale et peuvent être retrouvées dans le lait, les œufs, les viandes ou les abats, si les animaux ont été exposés à une alimentation contaminée.

On retrouve les mycotoxines en Pet Food comme dans 50 à 70% de nos aliments. Vous en avez déjà tous eu chez vous, dans votre poubelle ou sur les aliments gardés un peu trop longtemps comme le pain moisi par exemple. C’est la première cause de retrait de matière première alimentaire au niveau mondial.

Gestion des risques

Certaines mycotoxines ont une toxicité aiguë très marquée (exposition unique à une forte dose). Toutefois, en Europe, ce type d’exposition est exceptionnel chez l’Homme et concerne plutôt les filières animales. L’exposition répétée à de faibles doses, voire très faibles doses (effets chroniques), est la plus redoutée pour l’être humain, en raison des habitudes alimentaires ainsi que du pouvoir de persistance de ces toxines.

Les mycotoxines les plus surveillées dans l’alimentation humaine sont :

  • AFLATOXINE – ont un pouvoir cancérigène extrêmement élevé et peuvent provoquer des hémorragies, des atteintes hépatiques…
  • OCHRATOXINE – ils peuvent être à l’origine de lésions du foie, des reins et de la vessie, de diarrhées, de dysfonctionnement rénal avec augmentation de la consommation d’eau, baisse de croissance et modifications hématologiques
  • PATULINE – un neurotoxique
  • FUMONISINE – est à l’origine de nécroses du pancréas, atteintes hépatiques, œdème pulmonaire, diminution des défenses immunitaires, hépatotoxique (foie) dommages sur les reins, sur les poumons…
  • ZEARALENONE – ostrogéniques (reproduction) provoquant avortement, infertilité, retours en chaleur avec des cycles décalé, hypertrophie de l’utérus et atrophie des ovaires
  • TRICOTHECENE – ils peuvent provoquer des troubles digestifs (vomissement diarrhées), anorexie, lésions buccales et dermiques, une diminution des défenses immunitaires et des modifications hématologiques

L’ANSES a évalué les risques liés à la présence de mycotoxines dans la chaîne alimentaire aussi bien humaine qu’animale. Son objectif était de procéder à une revue des connaissances et d’approfondir plus particulièrement certains aspects. Dont notamment l’impact des mycotoxines sur la santé publique et la santé animale.

Un rapport complet sur le sujet, publié en 2009, présente un état des connaissances pour chaque famille de mycotoxines. L’ANSES propose des recommandations en termes de recherche sur les risques liés à certaines de ces toxines et leur transfert dans les produits animaux.

Et pour les croquettes sans céréales ?

Dans pratiquement toutes les croquettes contenant des céréales (blé, maïs, orge, seigle…) on trouve la présence de mycotoxines. Qu’il s’agisse de croquettes vendues en supermarché, en animaleries ou dans les cliniques vétérinaires.

La solution évidente semble donc de se tourner vers des produits sans céréales. Et bien non… car les abats et les viandes d’animaux nourris avec des aliments contaminés peuvent contenir également des mycotoxines.

Pour preuve, voici les résultats d’une analyse datant d’octobre 2016 sur un paquet de “Carnilove Saumon”. Cette analyse a été demandée par l’association SNAC qui est spécialisée sur cette question. Malgré l’absence de céréales dans ce produit, l’analyse démontre la présence de 2 types de mycotoxines :

Les mycotoxines dans les croquettes pour chien et chat

L’objectif à viser serait zéro mycotoxine ce qui est impossible. Que ce soit en alimentation humaine ou animale, tout n’est donc qu’une question de seuil. Il existe des guides de bonnes pratiques pour diminuer les contaminations tout au long de la chaine : dès le champ, pendant le stockage, etc…

Mycotoxines, tout est sous contrôle

Dans l’alimentation humaine, la présence de mycotoxines est réglementée strictement avec des seuils maximums à ne pas dépasser. Mais en alimentation animale, les seuils ne sont que des recommandations et non des obligations comme le montre le document recommandation (UE) 2016/1319 de la commission du 29 juillet 2016.

La FACCO (Fédération des producteurs d’aliments pour animaux de compagnie) impose des contrôles très stricts. Les fabricants sérieux contrôlent systématiquement les matières premières (les lots de céréales ou tout autre source d’amidon) afin de vérifier la présence de mycotoxines. De plus, les seuils de détection sont très bas. Il est possible de détecter dans un lot de céréales, la présence d’une quantité même très faible de mycotoxines.

Le risque est surtout présent dans les croquettes de fabrication “exotique” d’origine plus ou moins vérifiable et transparente.

La qualité de la conservation à la maison va également jouer un rôle. Il vaut mieux conserver vos croquettes dans le paquet d’origine, correctement fermé, dans un endroit sec et pendant moins de 3 mois. Ne videz pas vos paquets de croquettes dans un bac, mettez le plutôt entier et fermé à l’intérieur du bac.