Le RPP, pour “rapport protido-phosphorique” est un outil utile pour juger de la qualité des croquettes.

Il s’agit simplement du résultat de la division entre le pourcentage de protéines et le pourcentage de phosphore d’un aliment pour chien ou pour chat. Le résultat obtenu permet d’avoir une idée sur la qualité des ingrédients et notamment des ingrédients carnés.

Le rapport protido-phosphorique a été élaboré par le Dr Sébastien Lefebvre, Maître de conférences en alimentation et nutrition animale chez VetAgroSup.

L’intérêt du RPP

Si l’on ne s’intéresse qu’au pourcentage de protéines pour choisir un paquet de croquettes, on passe à côté d’un aspect essentiel : la qualité des protéines constituant le produit. Pourtant, la qualité des protéines est tout aussi essentielle que leur quantité.

La lecture d’une liste d’ingrédients ne suffit pas pour se faire une idée précise de la qualité d’un produit. Une analyse des informations nutritionnelles est nécessaire. Tout en sachant qu’un fabricant n’est pas obligé de détailler l’ensemble des ingrédients sur une étiquette. Il peut tout à fait regrouper certains éléments sous des noms génériques comme volaille, poulet, sous-produits animaux, etc…

Il faut savoir que les classes d’aliments ayant des protéines à forte valeur biologique (viande, poisson, œufs, abats…) ont des rapports protéines sur phosphores élevés. Alors que les classes d’aliments à faible valeur biologique (céréales, carcasses, os…) ont des rapports protéines sur phosphores faibles.

Le rapport protido-phosphorique est donc un indicateur bien utile au choix d’un aliment pour son animal de compagnie. Car celui-ci permet d’obtenir une estimation de la qualité des protéines utilisées.

Si la croquette ne contient pas trop de phosphore par rapport aux protéines, on peut supposer que la présence d’os et de cartilages est limitée par rapport à la viande ou à la VSM. Comme le phosphore est un minéral que l’on retrouve à forte dose dans les os, un RPP faible démontre la présence d’une grande quantité de carcasse et/ou d’os dans la composition, ce qui est à éviter.

Comment calculer le RPP

C’est très simple car il suffit de diviser le pourcentage de protéines par le pourcentage de phosphore.

Exemple de composition :
Protéines brutes 38%, Matières grasses brutes 18%, Matières minérales brutes 6%, Cellulose brute 2.7%, Calcium 1.1%, Phosphore 0.9%

RPP = 38 / 0,9 = 42,22

Contrairement au pourcentage de protéines, le pourcentage de phosphore n’est pas une donnée obligatoire sur l’étiquetage des produits. Les fabricants ne sont donc pas tenus de faire figurer cette information. N’hésitez pas à les solliciter pour obtenir le pourcentage de phosphore de leurs produits. Un refus de leur part de diffuser cette information n’est jamais bon signe…

Interpréter le résultat

Comme vu précédemment, ce rapport permet d’avoir une idée du niveau de qualité des matières premières utilisées dans une composition :

  • inférieur à 25 : mauvaise qualité des protéines
  • entre 30 et 35 : qualité des protéines incertaine
  • supérieur à 35 : bonne qualité des protéines

Je vous recommande vivement de choisir des croquettes et pâtées ayant un RPP supérieur à 35 avec un taux de phosphore ne dépassant pas 1,2%.

Pourquoi ces seuils ?

Les chiffres ne sont pas le fruit du hasard… sachez qu’un poulet entier, qui a été vidé de ses organes et pour lequel les plumes et la peau ont été retirées, a un RPP d’environ 32.

Un filet de poulet a un RPP de l’ordre de 120, la viande de cuisse de poulet plus de 140. A l’inverse, le cou, le dos ou encore l’aile de poulet ont un RPP inférieur à 25.

Comme les légumes, les fruits et les différents féculents sont assez pauvres en protéines, on en revient à estimer la qualité des protéines animales utilisées dans la fabrication du produit final.

Les croquettes à l’agneau

Les croquettes à l’agneau ont généralement un RPP assez faible… mais savez-vous pourquoi ?

La réglementation européenne a interdit la technique de la VSM (produit obtenu par l’enlèvement de la viande des os couverts de chair après le désossage) aux bovins, ovins et caprins. L’agneau utilisé en Pet Food est majoritairement de la carcasse et cela se voit très bien avec le RPP.

Les limites du RPP

Les légumineuses possèdent un taux relativement élevé de protéines végétales et sont naturellement faibles en phosphore. Pour exemples, le pois chiche cuit avec ses 8% de protéines pour 0,14% de phosphore possède un RPP de 57. La lentille verte cuite à un RPP de 61 grâce à ses 10% de protéines pour 0,16% de phosphore.

En comparaison, la patate douce cuite a un RPP de 40 pour 1,7% de protéines, alors que la pomme de terre cuite se situe vers 45 pour moins de 2% de protéines. Le riz complet cuit possède un RPP de 25 pour 3% de protéines.

Il faut donc bien garder en tête que la source d’hydrate de carbone, et leur quantité dans la composition, peuvent influer plus ou moins fortement la valeur du RPP. Avec un fort pourcentage de protéines, les légumineuses auront tendance à améliorer sensiblement le RPP final du produit qui aura, en plus, un pourcentage de protéines flatteur dans la composition analytique.

Lorsque vous calculez le RPP, pensez donc également à regarder la liste des ingrédients pour vérifier la provenance des protéines.

Des outils pour vous aider

Les mathématiques ce n’est pas votre truc ? Pas de panique !

Vous pouvez utiliser nos calculateurs qui indiquent systématiquement le RPP.