Pourquoi et comment réhydrater les croquettes ?

Un chien, comme un chat, n’est pas fait pour manger exclusivement des aliments secs comme les croquettes. A la longue, certains développent des désagréments, voire de graves problèmes de santé pour les cas extrêmes.

Il existe cependant une solution qui consiste à ajouter simplement de l’eau aux croquettes. Mais attention cela ne se fait pas n’importe comment, certaines règles sont à respecter.

Les avantages de la réhydratation

Les croquettes sont des aliments secs qui contiennent très peu d’eau. En général, il y a entre 5-10% d’humidité ce qui est très éloigné des aliments “frais” qui contiennent plus de 70% d’eau. Un chat nourri exclusivement à la nourriture humide (pâtée) ou à la ration ménagère peut quasiment se passer d’eau liquide.

Réhydrater les croquettes permet, entre autres :

  • de rendre les croquettes plus appétentes
  • de manger moins vite, ce qui facilite la digestion et calme les inflammations
  • d’éviter une prise d’eau trop importante juste après le repas, ce qui améliore aussi la digestion
  • d’avoir une meilleure assimilation de la ration
  • d’aider à la mastication pour les animaux âgés

Mais cela peut aussi entraîner :

  • des diarrhées en cas de transition trop rapide
  • une mauvaise hygiène bucco-dentaire par manque de mastication

A chacun de peser le pour et le contre en fonction des besoins de son animal et de sa capacité d’hydratation via la gamelle d’eau.

Comment s’y prendre ?

Il faut de l’eau chaude, à 40°C idéalement, et verser l’équivalent en eau du volume de croquettes. On laisse ensuite le temps à celles-ci d’absorber l’eau. Mieux vaut recouvrir la gamelle afin de préserver une certaine chaleur, une bonne ½ heure à ¾ d’heure en général.

Vous pouvez aussi avoir des croquettes difficiles à réhydrater. Dans ce cas, il est possible de préparer “une soupe de croquette” à température ambiante : juste recouvrir d’eau et donner tel quel.

Dans tous les cas, il faut donner la gamelle tiède et ne pas laissez les croquettes réhydratées à disposition toute la journée. Trente minutes maximum pour limiter les risques de prolifération bactériennes.

Et bien évidemment on utilise toujours une gamelle propre.

Mais comment chauffer l’eau ? Cette question toute simple cache quelques subtilités. En effet, l’eau chaude peut provenir de différents modes de production et tous ne sont pas conseillés…

Le four à micro-ondes

Les micro-ondes que l’on trouve dans ce type de four ne sont pas ionisantes. En France, la réglementation impose aux constructeurs une fréquence comprise entre 2,4 et 2,5 gigahertz. Les ondes d’un four à micro-ondes provoquent l’agitation des molécules d’eau contenues dans les aliments et c’est ce qui permet de les chauffer. L’utilisation d’un micro-ondes pour chauffer l’eau ne pose aucun risque de santé connu à ce jour.

Le physicien Marc Henry a réalisé par RMN (Résonance Magnétique Nucléaire) pour le compte du CIRDAV à Paris, des expériences où l’on constate que, dans de l’eau passée au four micro-ondes, l’angle de la liaison hydrogène H-O-H était perturbée de 30 % environ. Mais il est à ce jour difficile de mesurer précisément les impacts éventuelles de cette découverte sur la santé.

L’eau chaude sanitaire (ECS)

L’utilisation d’eau chaude sanitaire (celle de votre robinet) est non recommandée pour l’alimentation. Cette eau n’a plus la qualité de l’eau potable, même si elle est refroidie par la suite.

Le réchauffement provoque certaines modifications, le goût est altéré et certaines bactéries profitent de la température favorable pour se développer. La légionellose peut apparaître dans les installations d’eau chaude sanitaire avec une température inférieure à 55 °C. Ce risque est encore plus élevé dans les immeubles où il y a un système combiné pour le chauffage central et la production d’eau chaude sanitaire. Les eaux de ces deux circuits peuvent entrer en contact si l’échangeur de chaleur qui les sépare est défectueux. L’eau stagne, les bactéries y prolifèrent, sans compter que, sur son parcours jusqu’aux étages, sa chaleur va dégrader la tuyauterie, ce qui risque d’augmenter sa teneur en particules métalliques.

Si vous avez un cumulus, l’eau chaude va y stagner puisque vous n’allez pas le vider d’un coup. La stagnation peut provoquer de la corrosion et entraîner la formation de bactéries dont le développement peut être entretenu par la chaleur.

Si vous avez un chauffe-eau individuel à gaz, aucun problème : le circuit est court, l’eau est chauffée tout de suite et n’a donc pas l’occasion d’être chargée en substances toxiques… cette eau est donc potentiellement consommable.

Casserole ou bouilloire

Vous l’aurez compris, la meilleure solution pour obtenir de l’eau chaude rapidement et sans danger pour la santé revient à utiliser la bonne vieille bouilloire et/ou faire chauffer de l’eau dans une casserole.

Chat et chien, c’est un peu différent

La réhydratation des croquettes fonctionne généralement très bien pour le chien, mais le chat, en bon néophobe qui se respecte, n’appréciera peut-être pas cette coquetterie.

Vous risquez donc d’avoir plus de réussite avec sa pâtée : ajouter de l’eau à température ambiante et mélanger le tout. Essayer avec très peu d’eau pour commencer et augmentez au fur et à mesure si besoin.

Les pâtées de qualité sont souvent assez compactes, cela peut donc améliorer leur appétence.

Pour en savoir d’avantage sur quelle eau utiliser, c’est par ici !