Ahhhh les glucides… si il y a bien un mot qui revient sans cesse dans les discussions autour des croquettes de nos carnivores domestiques, c’est bien celui-là.

Mais savez-vous ce qui se cache réellement derrière le mot « glucides ? »
De quel type sont ceux que l’on trouve dans les croquettes pour animaux ?
Sont-ils aussi dangereux et toxiques pour la santé ?
Comment calculer le taux de glucides ?
Peux ton choisir une référence de croquettes en utilisant uniquement le pourcentage de glucides ?

Les différents types

En nutrition, les glucides sont l’un des trois macronutriments (les deux autres étant les lipides et les protéines) qui apportent de l’énergie. Ils sont composés d’hydrogène, de carbone et d’oxygène. C’est pourquoi ils sont également appelés des hydrates de carbone, ou carbohydrates en anglais.

Au sein de la famille des glucides, on distingue deux branches : les simples et les complexes. Les glucides sont constitués par des chaînes plus ou moins longues de particules élémentaires appelés “oses”. On peut les classer en glucides simples et glucides complexes selon le nombre de particules élémentaires qui les constituent (degré de polymérisation).

Pour être complet, il faut savoir que les glucides dits “non assimilables” portent un autre nom : les fibres. Les fibres sont divisées en deux catégories : les solubles (pectines, fructo-oligosaccharides…) et les insolubles (cellulose). Les solubles sont fermentées par les (bonnes) bactéries de l’intestin afin de se nourrir. Les insolubles stimulent le transit pour un bon confort digestif.

Les fibres sont des glucides que le système digestif ne sait ni digérer, ni assimiler. De ce fait elles ne fournissent pas d’énergie comme les autres glucides. En revanche elles sont essentielles pour l’organisme !

L’erreur à ne pas commettre est donc de confondre les glucides avec le sucre. Dans le langage courant, on appelle les glucides, des sucres. Mais si le sucre (celui que l’on verse dans le café) est bien un glucide (de type simple constitué de 2 oses), il n’a rien à voir avec les glucides que l’on trouve dans les croquettes sous forme d’amidon (qui lui est un glucide complexe).

Glucides et carnivores

Je vous vois venir… vous vous dites que l’amidon n’est pas un sucre simple, mais qu’il reste un glucide. Et qu’un carnivore n’a pas besoin de glucides !

Les glucides assimilables ne sont pas une étape obligatoire dans l’alimentation d’un chat ou d’un chien. Du moins pas dans des quantités extravagantes. Il faut bien comprendre que le rôle des glucides assimilables est d’apporter à l’organisme de l’énergie et de nourrir la flore intestinale. Un gramme d’amidon apporte autant d’énergie à un chien ou un chat qu’un gramme de protéines… preuve que les glucides sont valorisés par l’organisme de nos chers carnivores domestiques.

Tout est donc une question de proportion…

Les glucides dans l’organisme

Dans l’organisme, il y a surtout un sucre : le glucose, qui circule dans le sang. Le glucose est une source d’énergie incontournable pour certaines cellules et pour beaucoup de réactions du métabolisme. La glycémie est la concentration en glucose du sang.

La glycémie est régulée et stable ce qui est indispensable à la vie. En, état d’hypoglycémie, l’animal fait une syncope. A l’inverse, l’hyperglycémie chronique porte le nom de diabète.

La glycémie normale chez un chat à jeun est entre 50 et 150 mg/dl, chez les chats diabétiques 200 à 300 mg/dl. Le taux de glucose lié au stress peut atteindre 300 mg/dl. La glycémie normale chez un chien à jeun est entre 75 et 120 mg/dl. On parle de diabète chez le chien avec un taux entre 180 et 220 mg/dl de glucose dans le sang.

La quantité de sucres simples doit être limitée en raison de leur index glycémique très rapide. La digestion de l’amidon existe, mais en quantité variable. Par exemple, les capacités de digestion de l’amidon des chiens varient de l’ordre de 1 à 10 et dépendent notamment de la race.

La majorité des chiens digère sans problème une quantité moyenne de glucides comprise entre 20 à 40%. Certains chiens peuvent ainsi digérer un aliment avec beaucoup d’amidon, d’autres devront recevoir un aliment avec peu. Il n’existe pas de taux d’amidon universel qui serait toléré par tous les chiens.

Pour les chats, là aussi il n’existe pas de taux d’amidon universel. L’amylase du chat étant nettement moins performante que celle du chien, il est couramment admis que le taux d’incorporation d’amidon doit être inférieur à 30% dans un aliment pour chat.

Pourquoi le taux de glucides n’est pas indiqué ?

La question qui fâche… les industriels affichent ce que la réglementation leur impose. Or, à ce jour, la réglementation n’impose pas d’afficher le taux de glucides à côté de celui des protéines et des lipides. En réalité, seule une petite partie des glucides non digestibles est indiquée sur l’étiquetage, il s’agit de la cellulose brute.

Même si cela n’est pas imposé, pourquoi ne pas l’indiquer tout de même ? A cause d’un manque d’harmonisation sur la méthode d’analyse qui permet de déterminer avec précision le pourcentage de glucides présents. Mais cela n’empêche pas plusieurs marques (“vétos” ou non) de l’afficher sur leur site Internet.

Cette imprécision d’étiquetage remonte certainement au début de la nutrition animale, développée principalement pour nourrir les animaux de rentes (veaux, vaches, cochons, poules…). Pour ces animaux, la fraction glucidique que l‘on surveillait principalement pour raison économique était la cellulose. Cette dernière étant très présente dans notre environnement (et pas chère), c’était faire preuve de transparence que d’en afficher le taux pour ne pas tromper son client éleveur.

On est tous d’accord pour dire que la réglementation devrait évoluer sur ce point. Tout simplement pour une meilleure information du consommateur.

Comment le calculer ?

La formule se trouve sur internet absolument partout et elle est à première vue très simple :

Glucides = 100 – % Protéines – % Lipides – % Cendres – % Cellulose (fibres) – % Humidité

En réalité, avec cette formule, on ne trouve pas le taux de glucides mais d’ENA (et là je sens que votre curiosité, ou que votre croyance arrive dans le rouge). Ce que l’on peut réellement calculer avec cette formule, et que l’on appelle communément des « glucides », représente le cumul de plusieurs choses :

  • des fibres solubles
  • des fibres semi-solubles
  • l’amidon

Autant d’éléments vitaux et d’éléments moins vitaux… et il n’y a aucun moyen de connaitre avec précision la proportion de chaque élément et donc le taux réel d’amidon. Au mieux on arrive à une vague estimation de la quantité d’amidon.

Et dans les croquettes ?

Choisir une gamme de croquettes en se basant sur le pourcentage de glucides n’a aucun sens. Cela pose également des soucis de comparaison des produits entre eux car la lecture directe du pourcentage de glucides est biaisée. Je m’explique… et je m’excuse par avance des (petits) calculs qui vont suivre, promis je fais simple !

Prenons deux références de croquettes :

  • croquettes #1 avec 30% de glucides et une densité énergétique de 4200 kcal par kilogramme (niveau d’énergie que l’on retrouve souvent dans les croquettes riches en graisse pour chien actif)
  • croquettes #2 avec 25% de glucides et une densité énergétique de 3500 kcal par kilogramme (niveau d’énergie que l’on retrouve souvent dans les croquettes pour animaux stérilisés)

Nous avons Médor, un gentil chien de 16 kg ayant besoin de 1000 kcal par jour, sa gamelle sera donc composée de…

  • 238 grammes de croquette #1 à 30% de glucides… donc 71,4 g de glucides
  • 286 grammes de Croquette #2 à 25% de glucides… donc 71,5 g de glucides

Même avec 5% d’écart, finalement Médor ingère exactement la même quantité de glucides chaque jour.

Voilà pourquoi la lecture directe des pourcentages que ce soit de lipides, glucides ou protéines ne permet pas de comparer deux produits avec des densités énergétiques très différentes et par extension, qu’il n’est pas possible de faire de classement de références par croquettes en prenant comme critère le pourcentage de glucides (qu’il soit calculé ou inscrit sur le paquet de croquettes).

C’est assez logique… plus un aliment est riche (densité énergétique élevée) moins l’animal devra en manger pour couvrir son besoin énergétique VS un aliment plus faible en calorie, l’animal devra en manger une quantité plus importante pour couvrir le même besoin.

Alors comment faire ?

Et bien en prenant le problème dans le bon sens : en se basant sur les besoins en protéines de nos animaux via l’utilisation du RPC qui évalue la concentration en protéines d’un aliment par rapport aux calories qu’il apporte.

On en revient à notre pote Médor, chien de 16 kg ayant besoin de 1000 kcal par jour. Je passe sur les détails de calculs, qui peuvent être complexe et multifactoriels, mais grossièrement son besoin en protéines MINIMAL est représenté par un RPC de 60.

Pour nourrir Médor, on recherchera donc une référence de croquettes ayant un RPC (bien) supérieur à 60. Pour vous donner un repère, je vous conseille des croquettes avec un RPC minimum de 80 (et au-delà dans le cas d’un animal sédentaire et/ou stérilisé) avec un taux de phosphore ne dépassant jamais 1,2%.

En conclusion

La lecture directe des pourcentages que ce soit de lipides, glucides ou protéines ne permet pas de comparer deux produits ensemble.

Le choix d’une gamme de croquettes (et la nutrition dans son ensemble) ne peut pas se résumer aux “glucides”. Mot dans lequel la majorité des gens mettent un peu tout et son contraire par amalgame et/ou méconnaissance du sujet.

Non, les glucides dans les croquettes ne sont pas toxiques, ils sont utiles au même titre que les lipides ou les protéines.

Les glucides digestibles sont une source d’énergie pas chère et facilement utilisable par nos animaux.