Les protéines sont les principales composantes des structures de toutes les cellules, ce sont les briques de l’organisme. Les protéines fournissent de l’énergie, soit 4 kcal par gramme. Au même titre que les lipides et les glucides, les protéines sont des macronutriments essentiels à l’organisme.

Elles permettent, grâce aux acides aminés qui les constituent, d’entretenir et de renouveler les os, les muscles, les poils, les griffes, la peau, mais aussi les messagers internes tels que les hormones et les enzymes ou les défenses contre les infections via les anticorps du système immunitaire.

Les protéines permettent également de véhiculer certaines molécules hydrophiles à travers les membranes cellulaires, on les appelle les protéines transporteuses.

Les protéines en détail

Ce sont de grosses molécules vitales, très importantes qui servent quasi à tout. Elles sont constituées de chaînes d’acides aminés plus ou moins longues. Certains états physiologiques exigent une quantité de protéines plus importante : la croissance, la gestation, la lactation…

Il existe en tout une vingtaine d’acides aminés différents, qui peuvent former un nombre presque infini de protéines. Ces acides aminés sont reliés les uns aux autres et placés dans un ordre parfaitement défini qui confère sa nature et ses rôles à chaque protéine.

Les acides aminés et les protéines

Parmi ces acides aminés, 10 pour le chien et 11 pour le chat sont dits essentiels :

  • la leucine
  • l’isoleucine
  • la valine
  • la lysine
  • la méthionine
  • la thréonine
  • le tryptophane
  • la phénylalanine
  • l’histidine
  • l’arginine
  • la taurine (pour le chat)

Un acide aminé essentiel ne peut pas être synthétisé par l’organisme, même si celui-ci en a besoin. Il doit donc être apporté obligatoirement par l’alimentation de façon quotidienne et en quantité suffisante.

A noter que la taurine n’est pas tout à fait un acide aminé mais un dérivé. Le chat n’étant pas capable de synthétiser la taurine en assez grande quantité, elle lui est donc indispensable dans son alimentation. La taurine se trouve dans les protéines animales uniquement. Elle est présente naturellement dans les muscles : viande, poisson et crustacés…

Une carence est-elle possible ?

Oui bien sûr, l’organisme ne sait pas stocker les protéines, il doit donc en recevoir tous les jours. Toutes les protéines sont fonctionnelles, si l’animal en manque il va perdre de la fonction.

Un chat a besoin de 5 à 8 grammes de protéines/kg de poids vif et par jour. Un chien a besoin de 2 à 6 grammes de protéines/kg de poids vif et par jour. A titre de comparaison, un humain a besoin de seulement 0,8 gramme de protéines/kg/jour.

Les protéines composent les muscles mais aussi les organes, les os, elles servent dans l’immunité, elles composent la peau et les poils. Sans un apport normal en protéines, et en protéines de qualité, le poil se ternit et ne se renouvelle plus correctement, le corps se dégrade, le système immunitaire s’affaiblit et la vie de l’animal peut très vite être en danger.

En cas de carence, le chat va utiliser ses propres protéines pour produire de l’énergie et du glucose : il s’autodigère. C’est pour cela que le chat a des besoins en protéines très élevés et qu’on le considère comme un carnivore strict.

Où les trouve-t-on ?

Elles se trouvent partout, dans les aliments d’origine animale aussi bien que végétale.

Mais les protéines de qualité notamment pour nos chiens, nos chats et aussi nos furets (ou plus exactement avec une bonne valeur biologique) se trouvent principalement dans la viande, les abats, le sang, les œufs et les aliments d’origine animale.

Une protéine de qualité c’est une protéine :

  • complète ayant un profil en acides aminés présentant l’ensemble des acides aminés indispensables/essentiels mais aussi le plus grande nombre d’acides aminés non essentiels
  • facilement assimilable et valorisable car la digestibilité détermine le nombre de protéines pouvant être fractionnées dans le tube digestif, absorbées dans la circulation sanguine et utilisées par l’organisme

Les produits animaux ne sont pas tout le temps parfait. Les protéines provenant de viandes riches en tendons, élastine ou collagène sont difficilement assimilables et souvent incomplètes. C’est le cas de produits comme la couenne, les cartilages, les poumons ou les mamelles.

Afin de couvrir l’ensemble des besoins en acides aminés, il y a généralement plusieurs sources de protéines animales dans la composition des croquettes et pâtées.

Mauvaise qualité ou mal assimilées, quelle conséquence ?

Ça fait du mal à l’organisme. On ne le voit pas forcément sur le court terme sauf au travers du pelage terne et de selles molles et malodorantes.

Il faut donc pour nos amis carnivores beaucoup plus de protéines que pour nous les humains. Avec surtout des protéines utiles, présentant un profil en acides aminés le plus complet possible, facilement valorisées. D’où le besoin de croquettes avec un processus de fabrication bien étudié et avant tout riches en viande et en produits d’origine animale de qualité.

En effet, rien ne sert d’avoir 40 ou 50% de protéines dans une croquette si le profil en acide aminé n’est pas correct !

Et les protéines végétales alors ?

Elles sont le plus souvent incomplètes contrairement aux protéines animales.

Les acides aminés qui sont le plus souvent manquants dans les protéines végétales sont l’arginine, la taurine, la méthionine et le tryptophane ainsi que la L-carnitine. Combiner différents types de produits végétaux pour pallier les faiblesses des unes avec les forces des autres, peut paraître une bonne idée, mais sur le papier seulement.

Pourquoi ? Car les protéines de moins bonne valeur biologique (les protéines incomplètes) sont plus difficilement assimilables et assimilées par nos poilus. L’organisme a du mal à les utiliser et alors il en faut plus pour les mêmes besoins. Il y a donc plus de pertes, ce qui crée plus de déchets, fatigue les organes du système digestif et urinaire.

Le chat par exemple est très sensible à une carence en arginine. Il est incapable de synthétiser suffisamment d’ornithine et de citrulline qui sont convertis en arginine, nécessaire au cycle de l’urée. Il suffit d’un seul repas carencé en arginine pour qu’un chat vomisse et présente des troubles nerveux.

On a beau vouloir faire une tambouille végétale pour limiter les carences, aucune protéine végétale ne contient de la taurine ou de la l-carnitine. Or, ce sont des acides aminés essentiels pour le bon entretien et le fonctionnement de l’organisme. Et notamment du système cardio-vasculaire !

Attention aux croquettes sans céréales

On arrive au souci n°1 des croquettes sans céréales ayant un taux élevé de légumineuses : pois, lentille, etc…

Avec ce type de produit, le taux de protéines est souvent boosté mais ce sont avec des protéines végétales mal valorisées par l’organisme du chien et du chat.

La FDA évoque un possible lien entre des produits sans céréales et le développement de maladies cardiaques. Selon elle, une cardiomyopathie canine dilatée pourrait être l’une des conséquences. Cette agence a remarqué que parmi tous les chiens atteints de cette maladie, 90% consommaient de la nourriture sans céréales et 93% mangeaient régulièrement des pois et des lentilles.

Cependant, la FDA fait preuve de prudence devant ce problème scientifique qui peut impliquer d’autres facteurs.

Les protéines en excès

Avec les croquettes, on n’en donne le plus souvent pas assez par rapport aux besoins réels de nos animaux. Et d’ailleurs, pour les animaux séniors, il ne faut pas réduire la quantité de protéines, bien au contraire !

La restriction protéique chez les chiens âgés en bonne santé n’est pas seulement inutile, elle peut être préjudiciable. Les besoins en protéines augmentent en effet d’environ 50 % chez les chiens âgés, alors que leurs besoins énergétiques ont tendance à diminuer. Un apport insuffisant en protéines peut aggraver la perte de masse maigre liée à l’âge et contribuer à une mortalité précoce comme l’indique très clairement cette étude du Dr Laflamme et datant de 2008.

De nombreuses études ont confirmé que les protéines n’ont pas d’effet négatif sur les reins. Ce qui est vraiment mauvais pour la fonction rénale, c’est avant tout une alimentation trop sèche et trop riche en minéraux. Attention au taux de cendres, de calcium, phosphore et magnésium notamment.

Déterminer le besoin

Il existe un outil pour estimer le besoin en protéines : le RPC pour Rapport Protido-Calorique.

La quantité de protéines absorbée par un chien ou un chat est fonction de son besoin énergétique. Si un animal a un faible besoin énergétique, il mangera une quantité de nourriture limitée donc une faible quantité de protéines, sauf si la nourriture donnée est très concentrée en protéines. Le rapport protido-calorique évalue la concentration en protéines d’un aliment par rapport aux calories qu’il apporte.

Les besoins en protéines d’un chien ou d’un chat sont estimés via un RPC minimum qui est calculé en fonction de nombreux facteurs : race, stade de vie, poids adulte, activité physique, morphologie, stérilisation…

Un article dédié au RPC est disponible en suivant ce lien.