Labrador ou Golden Retriever et l'alimentation

Les chiens de race Labrador ou Golden Retriever, ainsi que certains chiens de races nordiques comme le Husky, ont des spécifiés nutritionnelles méconnues du grand public. Pourtant, ces spécifiés font que ces différentes races de chiens ne doivent pas être nourries comme la plupart des autres chiens.

Eleveurs, éducateurs, vétérinaires ou simples particuliers, vous devez absolument prendre en compte le métabolisme spécifique du Labrador et du Golden Retrievers afin de couvrir correctement leurs besoins nutritionnels.

Des animaux habitués au froid

Le Labrador, le Golden Retriever, ainsi que certains chiens de races nordiques, se sont adaptés au froid de l’air ou de l’eau dans laquelle ils évoluaient à l'origine. Cette contrainte de l'environnement a eu pour conséquence le développement d'un métabolisme plus efficace. Ce métabolisme leur permet ainsi d'optimiser chaque calorie absorbée. Ces calories sont nécessaires notamment au maintien de la température corporelle.

Résultat ? En moyenne, le Labrador et le Golden Retriever ont un besoin énergétique inférieur de 20% par rapport aux autres races de chiens. Cela signifie que pour garder leur poids de forme, ils ont besoin de consommer 20% de calories en moins dans leur ration quotidienne. On parle ici uniquement d'un besoin en calories moindre, pas des besoins en nutriments essentiels tels que les protéines, les minéraux ou les vitamines.

Le rapport entre protéines et calories

Comme nous venons de le voir, le Labrador et le Golden Retriever ont besoin de moins d'énergie. Par contre ils ont exactement les mêmes besoins en protéines que tous les autres chiens. Il est donc nécessaire d'opter pour une alimentation proposant une concentration en protéines plus élevée. Plus précisément, il faut viser une quantité de protéines plus importante de l'ordre de 20% pour une même quantité d'énergie.

Le RPC est le bon outil pour déterminer le besoin en protéines et pour trouver une alimentation adaptée. Le Labrador et le Golden Retriever ont donc logiquement besoin d'un RPC augmenté de 20% par rapport aux autres chiens.

RPC minimum requis en fonction de différents facteurs :

Stade de vie Entier ET actif Stérilisé OU sédentaire Stérilisé et sédentaire
Chiot 93 116 145
Adulte / Sénior 81 101 126

Pour traduire les chiffres de ce tableau en % de protéines, il faut tenir compte de la densité énergétique (exprimée en kcal/100g) des croquettes.

Traduction du RPC minimum en % de protéines en fonction de la densité énergétique :

RPC / % protéines 330kcal/100g 360kcal/100g 390kcal/100g 420kcal/100g
81 26% 29% 31% 34%
93 30% 33% 36% 39%
101 33% 36% 39% 42%
116 38% 41% 45% 48%
126 41% 45% 49% 52%

En dessous de 30%, les besoins en protéines du Labrador et du Golden Retriever ne sont quasi jamais couverts !

La carence en protéines

Il est illusoire de nourrir correctement un Labrador ou un Golden Retriever avec des croquettes possédant moins de 26% de protéines. Dans aucun cas cela ne peut convenir et ça ne dépend pas non plus du chien. Sur le long terme, vous vous retrouverez avec un animal ayant une faible masse musculaire, en surpoids (ces races de chiens ne sont pas censées faire plus de 45kg adultes...) et ayant une morphologie plus proche du tonneau que du chien.

Sans un apport suffisant en protéines, et en protéines de qualité, le poil se ternit et ne se renouvelle plus correctement, le corps se dégrade, le système immunitaire s’affaiblit et l'espérance de vie de l’animal diminue.

Les croquettes hypocalorique et riche en protéines sont souvent idéales. De fait, les croquettes light dédiées à la perte de poids peuvent être utilisées même si votre chien se trouve à son poids de forme. Dans certains cas de figure, il n'existe pas d'aliment industriel suffisamment riche en protéines pour couvrir les besoins. Passer à une ration ménagère (complète ou mixte avec des croquettes) sur-mesure sera une solution à envisager.

Double peine pour le Labrador

En plus d'un métabolisme spécifique, le Labrador possède une particularité génétique : il est prédisposé à l'obésité !

Le séquençage de gènes candidats à l'obésité chez le Labrador a permis d'identifier une mutation génétique associée au poids corporel, à l'adiposité et à une plus grande motivation alimentaire. Cette mutation perturbe l'expression du gène de la POMC engendrant une réduction de la β-MSH et de la β-endorphine, deux composés impliqués dans la régulation de l'appétit et de la dépense énergétique.

Parmi les autres races de chiens, la mutation n'a été observée que chez le Flat-Coat Retriever où elle est associée de manière similaire au poids corporel et à la motivation alimentaire. La mutation est nettement plus fréquente chez les labradors sélectionnés pour devenir des chiens d'assistance plutôt que des animaux de compagnie.

Mon chien a tout le temps faim

Propriétaires de Labrador et de Golden Retriever, notamment stérilisé, vous le savez bien pour y être confronté tous les jours : vous êtes face à un chien qui semble avoir tout le temps faim et qui ne pense qu'à manger. Et pourtant, leur métabolisme est plutôt économe en énergie... alors comment résoudre cette équation ?

On peut choisir une référence de croquettes modérée en calories (< 350kcal/100g) ce qui permet d'augmenter le volume de nourriture ingérée et donc la sensation de satiété. On peut également ajouter des légumes dans la gamelle, jusqu'à 100 g de légumes pour 10 kg de poids vif, là aussi pour accentuer la sensation de satiété. L'activité physique est intéressante car elle permet de brûler des calories tout en renforçant la masse musculaire. Or, le métabolisme énergétique est directement lié à la quantité de masse musculaire, si celle-ci augmente alors la consommation d'énergie augmente.

L'utilisation de pâtée en remplacement d'une partie des croquettes, toujours pour accroître le volume de la gamelle, est envisageable dans une certaine mesure. Mais attention au taux de lipides qui est bien souvent aussi important que le taux de protéines dans ce type de produit. Il faut prendre garde de choisir une pâtée ayant un faible pourcentage de lipides. Typiquement les références au lapin sont intéressantes sur ce point.